Journal de bord (en ligne) > Littérature(s)

  • Définition de la littérature (selon Tzevan Todorov)

    Le 17/09/2009 à 10:49Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tirée de son essai " La notion de littérature ". Pour Tzevan Todorov, la littérature s'appuie sur deux propriétés distinctes. Elle est une imitation par le langage. Mais pas n'importe quelle imiation car on n'imite pas nécessairement le réel mais aussi bien des êtres et des actions qui n'ont pas existé, donnant ainsi à la littérature sa seconde propriété, à savoir la fiction. C'est dans la perspective de cette première définition, stipulant que l'imitation doit être artistique, que se dévoile la seconde grande propriété de la littérature ; à savoir : Le beau ; ou plaire l'emporte alors sur instruire. Mais dès que nous plongeons dans cette définition, on se rend très vite compte que nous restons dans l'à-peu-près. Toutefois c'est un premier pas; éminemment nécessaire dès lors que l'on se sent porté, épris par les mots. Un premier pas - et jet - permettant de creuser ; d'aller au plus profond. Tout en ne perdant pas de vue que la répétition est inévitable. Ecrire consiste alors à se surpasser...   

  • " Aucun rapport avec Jean Seberg " (Romain Gary, 2 décembre 1980)

    Le 30/07/2009 à 11:15Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ce jour-là, 2 décembre 1980, Romain Gary - unique double prix Goncourt en 1956 et une seconde fois en 1975 sous le pseudonyme d'Emile Ajar - met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. Ce suicide intervient un an après celui de son ex femme, la commédienne Jean Seberg. Le trouble est jeté, au point que Romain Gary, qui a laissé une lettre afin d'expliquer son geste, commence par ses mots : " Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du cœur brisé sont priés de s’adresser ailleurs. On peut mettre cela évidemment sur le compte d’une dépression nerveuse. Mais alors il faut admettre que celle-ci dure depuis que j’ai l’âge d’homme et m’aura permis de mener à bien mon œuvre littéraire ".

  • Guy Debord et la leçon qu'il nous lègue...

    Le 05/07/2009 à 10:56Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Comme le souligne Guy Scarpetta, journaliste au Monde, en 2006, à l'occasion de la sortie de l'intégrale des textes de Guy Debord  - Oeuvres, dans la collection Quarto, chez Gallimard, 1904 pages -, et avant même d'avoir ouvert une page de l'auteur, nous pouvons nous saisir de la leçon que nous transmet Guy Debord, qui écrivait : " Il est assez notoire que je n'ai nulle part fait de concessions aux idées dominantes de mon époque ". Une grande leçon à faire passer dans nos vies.  

  • Des écrits légitimant des attaques contre l'état...

    Le 21/04/2009 à 19:59Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

     

    C'est ce que recherche la police parmi les " 5000 ouvrages de la bibliothèque de la communauté de Tarnac ". Alors que Julien Coupat croupit en prison, et que les preuves de sa culpabilité sont... comment dire... un peu comme le comité du même nom... invisible ? Alors on pompe dans la bibliothèque, les lectures deviennent pièces suspectes - 27 livres retiennnent l'attention de la police, dont Technique du chaos, écrit par le pape du LSD Timothy Leary, et un autre qui s'avère être un détournement anticapitaliste d'une bande dessinée de Tintin, signé Nick Cohn et intitulé The adventures of Tintin - Breaking free. Enfin bref. Quant à l'éditeur La fabrique, il a été entendu par la police afin de révéler une bonne fois pour toutes qui a commis ce putain de texte L'insurrection qui vient, signé par le Comité invisible. Mais niet. C'est une oeuvre collectif. Il n'y a pas eu de contrat de signé. Pas d'argent entre le ou les auteurs. Rien. Juste des exemplaires à fournir à la demande à ceux de Tarnac. Quel gâchis. Le constat est terrible. Ou probant. C'est selon. Fait pas bon s'instruire. Se poser le cul et se tourner vers la tévé zabrutissante ou reprendre lecture. Alors ça dynamite toute une existence. Ou rien ; sinon juste La tévé qui ronronne. Ca s'emmerde à la longue. Ca dénonce, faute de mieux. Un ancien etudiant de l'EHESS se rappelle de son ancien condisciple en ces termes : Il pouvait oublier ou de manger pour lire. Ah quand même. Me semble bien que ça m'est déjà arrivé. Faut pas répéter, hein ? Que je possède un exemplaire de L'insurrection qui vient dans ma bibliothèque. Il dit tout dans Gala. Ca va chier : " que j'ai particulièrement pensé, repensé et envisagé cette société sous un autre angle ". Pas possible ! La tévé, elle est où ? Des peaux d'cornes, y'en a plus ? Vous reprendez bien un peu de Camus, L'homme révolté et autres penseurs philosophes classés niveau 4 dans les lectures à risque. Non merci, ça ira. Laissez-moi terminer mon Gala. Ragnagna. Je n'ai plus qu'attendre un jour où l'autre, à la lumière de ce que je peux écrire, la - plus que probante - visite de la police. Attendez... Il me semble que l'on frappe. Qui, quoi ? Je vais ouvrir, éloignez-vous pour le cas où. Les beaux dégâts, l'insurrection, pages à tourner, rêves explosifs, ça n'attend pas...  

  • René de Ceccaty - L'accompagnement (1994)

    Le 15/04/2009 à 09:07Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    L'accompagnement. Celui d'un ami (René de Ceccaty, écrivain) devenu l'accompagnateur privilégié de Gilles Barbedette (écrivain, traducteur de Edmund White et de Vladimi Nabokov, homosexuel militant, rédacteur à Gai pied et l'un des membres fondateurs de Aides). Gilles. Décédé le 30 mars 1992. Sida. La littérature pour en témoigner, selon la volonté de Gilles. Cela donne un récit sur le fil du rasoir. Tendu. Terriblement juste. Et René de Ceccaty de dire : " J'ai toujours eu cette certitude - sans laquelle je n'écrirais pas : la littérature n'est pas un écran que voile la réalité, si dramatique soit-elle et, apparrement, indicible dans l'horreur. La littérature révèle la réalité et la prolonge. C'est notre seule force ". Je ne sais plus où j'ai lu cette phrase si juste, venant s'inscrire en complément des mots de René de Ceccaty : " La littérature prolonge le présent ". C'est, en effet, dans ce temps précis qu'il faut écrire, à l'instinct, se laisser porter par ce qui s'écoule ; en prendre pleine possession. C'est ma définition personnelle de cet assemblage de mots, lutte à mener sur le papier. Dans le même temps je tombe sur un article publié par la revue Transversal (édité par le Sidaction) revenant sur " la discrimination post mortem à l'égard des personnes décédés du sida ". En vertu d'une réglementation inchangée depuis 1986 stipulant que le défunt n'a pas le droit aux soins de conversation, que le maquillage et l'habillage du défunt sont interdits aux porteurs du VIH. Le défunt ne peut donc pas être présenté aux proches. Un arrêté de juillet 1998 était censé abrogé cette loi classant le sida comme maladie contagieuse. Mais curieusement, cet arrêté n'est jamais entré en vigueur, et les demandes incessantes des associations restent sans réponse...       

  • " Arrivée de voyage, et pourtant ne pas être arrivé chez soi ... " (Dan Vimard)

    Le 06/02/2009 à 12:54Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    ... Arrivé ailleurs, mais arrivé prêt au futur départ ? Ou voyage sans arrivée ? Ce qui est promis c'est un voyage avec vue sur la mer / La mer sombre et clair qui ne se délaisse jamais des voyages enveloppés d'orages... Que la marée nous garde dans ses allées et venues d'outre-mer / Comme autant de chemins d'outre-terre et de chemins de fer et d'amour... Un sentier reste à portée de pas / Entre ronces et rocailles / Un sentier d'échappées et de brèves / Une sente peut-être / Une trace pour se retrouver au lendemain d'un mauvais jour de mai / Avec, comme on dit, armes et bagages sur l'épaule / Pour d'autres rives / Pour l'autre demain d'espoir de jours et de soirs moins pauvres / Et plus fauves que ces caresses de Président se prenant pour le Roi " (Dan Vimard : texte rédigé pour le programme de la lecture spectacle  organisé le 24 mai 2007, à l'occasion de la sortie de son livre : Les voyages enveloppés d'orages, aux éditions L'hamattan).

    En rappel. En écho. Pour mon Dan, dont le présent voyage consiste à se battre, entre la vie et la mort. Entre...   

  • La parrêsia, soit le courage de dire la vérité...

    Le 23/01/2009 à 05:44Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    C'est en 1982-83 que le philosophe Michel Foucault s'empare de la notion grecques parrêsia, et en fait le sujet central des cours qu'il donne au Collège de France. Ce travail autour de cette notion se prolonge durant les cours de l'année 1983-84, les derniers, Foucault, touché par le sida, s'éteignant le 25 juin 1984. La parrêsia. Le franc parler. A l'heure où la honte d'être touché par cette maladie n'épargnait pas le philosophe. La parrêsia, soit le courage de dire la vérité, contient en elle sa part de danger, provoquant à la fois des effets sur ceux à qui elle s'adresse et sur celui qui la pratique. Elle fâche, tout en étant accès de chacun à sa propre vérité. La parrêsia est véritable " souci de soi ". La parrêsia est avant toute chose une exigence. A partir de la tragédie d'Euripide, Ion, Foucault met à jour le lien profond entretenu par la dynamique de la parrêsia avec la possiblité même de démocratie : " ce régime peut bien être soutenu par une bonne constitution, l'égalité des droits et l'égalité devant la loi peuvent bien y être garanties et respectées, il restera impossible ou bien pervers tant qu'il ne sera pas mis en acte, animé par la parrêsia, par le courage de la vérité de certains qui s'avancent, prennent la parole, tentent de persuader, dirigent les autres avec tous les risques que cela comporte " (Michel Foucault - Le courage de la vérité - Le gouvernement de soi et des autres - Tome II - Gallimard / Seuil / Janvier 2009).

  • # 1 - Ariel Kening / Gaël Morel : New wave (2008)

    Le 25/12/2008 à 19:43Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ce n'est pas tout à fait une oeuvre composée à quatre mains. New wave est un livre de commande dont l'originalité réside dans le fait qu'il a été écrit après le scénario du film. Gaël Morel a confié son scénario à Ariel Kening, ainsi qu'une bande son représentative - selon la sensibilité de Morel - de ces années 80. Au fur et à mesure de l'écriture, Gaël Morel s'en est tenu aux conseils, laissant le champ libre à Kening. Ce qui fait d'ailleurs dire à Morel qu'en partant de ce livre, on peut en faire tout autre chose que son film à lui. Kening utilise la bande son, à travers un titre, une phrase tirée d'une chanson, en ouverture de chaque chapitre. L'histoire en elle-même, autobiographique, tourne autour de l'amitié adolescente liant Eric et Romain. Dans New wave, tout autant le roman que le film, une chose est sûre : on ne peut absolument pas percer le mystère de Romain. Tout comme Eric ne le peut pas. On effleure le sentiment les liant, le désir, attirance l'un pour l'autre ; on assiste à la naissance de l'amitié entre les deux garçons. La mort rode et Eric ne la voit pas. Eric ne se rend pas compte que la mère de son ami est en train de le tuer ; par peur de le perdre. Par certitude qu'elle ne pourra jamais se passer de lui. Son fils. Eric a filmé son ami Romain, dont le désir est de devenir chanteur, lors d'un clip amateur dans lequel on le voit en train de se noyer. Il semble que tout cela corresponde aux prémices des désirs cinématographiques d'Eric / Gaël Morel. Le film a laissé la trace de ce désir de filmer, trace que l'on ne retrouve pas dans le livre. Ce que je regrette. Le livre en lui-même est aussi léger que le film, ce qui n'est pas aisé quand on connait le sujet abordé. Je crois que Gaël Morel a voulu y mettre énormément de pudeur, au risque de passer à côté de son sujet. Mais la légèreté de Gaël me convient. N'ayant lu aucun autre livre d'Ariel Kening, je dirais que cet auteur fait ici de son mieux. Qu'en tous les cas cette légéreté nécessaire se ressent. Que son écriture est à la hauteur. Limpide. Au risque de déplaire. New wave n'étant pas forcément la couleur musicale de l'histoire. Juste une bande son accompagnant une époque. Une nouvelle vague, somptueuse, nécessaire dans l'amer cinématographique de Gaël...  

  • Howard Dully, lobotomisé à l'âge de douze ans...

    Le 04/12/2008 à 13:17Littérature(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    C'est dans un livre, paru aux USA en septembre 2007 et en angletererre en février 2008, que l'on peut découvrir l'incroyable histoire d'Howard Dully, lobotomisé à l'âge de douze ans, le 16 décembre 1960, par le docteur Freeeman (celui-là même ayant introduit la lobotomie aux Etats Unis, dans les années tente). Le miracle, en ce qui concerne Howard, c'est qu'il a survécu sans devenir un légume (mais pas sans séquelles). Car Freeman n'était pas du genre à rater ses opérations - 3439 à son actif - pratiquées selon une méthode inédite, et applicable à quasiment toutes les formes de maladie mentale. La plupart du temps, Freeman sillonne les Etats Unis avec son Van, baptisé la lobotomobile, et procède à ses opérations n'importe où, sans aucune hygiène - pas de gants, de masques -, le tout se déroulant en public, en train de fumer tout en se penchant par dessus l'épaule de Freeman en train de s'occuper du malade, assis dans un fauteuil de dentiste. Contrairement à ses confrères de l'époque, Freeman ne perce pas le crâne. Il insinue sous la paupière de son patient un pic à glace avec lequel il défonce le fond de l'orbite et une fois parvenu au lobe frontal, il remue son pic de façon à le réduire en bouillie. Il demande parfois au patient de compter tout haut ou bien de réciter des prières pendant qu'il touille ; et en général il s'arrête dès que les propos du patient deviennent incohérent. Dans le cas d'Howard, également exceptionnel de par son très jeune âge, comme dans la plupart des cas traité par Freeman, il n'y avait pas vraiment de raison de procéder à un tel massacre. Howard était un enfant comme les autres, un peu taciturne, qui adorait jouer au vélo et aux échecs. Il vivait mal le décès de sa mère, morte d'un cancer lorsqu'il avait cinq ans, et ne supportait pas sa belle-mère. Pour Freeman, Howard était schizophrène. A la suite de cette opération, le jeune Howard est ressorti complètement hébété. Puis le temps a passé sans qu'il ne devienne un légume, mais il précise qu'il s'est toujours senti différent, avec l'impression qu'il lui manquait une partie de son âme. Et il pleurait souvent en pensant à ce petit garçon. Sa vie a oscillé entre hôpital psychiatrique et prison. Il a été toxicomane, alcoolique, sans abri, etc. ; totalement incapable de mener une vie paisible du fait qu'il en voulait à la terre entière. Puis il s'est assagi sans jamais oublier ce secret honteux dont il ne parlait jamais à personne jusqu'à ce qu'en 2003, une société de production retrouve sa trace en vue de réaliser un documentaire sur son histoire. Et pour la première fois de sa vie, il eu accès à son dossier médical...  

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