Journal de bord (en ligne) > Ecriture(s)

  • A. comme : Ange

    Le 15/09/2009 à 01:02Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le premier mot de mon abécédaire. Gilles Deleuze, pour le sien, avait opté pour : animal. On est pas si loin du compte. Ange est un mot doux, à mon sens. Dans le dictionnaire il est précisé qu'il s'agit d'un " être spirituel, intermédiaire entre dieu et l'homme ". Encore faut-il croire en dieu. Quoiqu'il en soit ange et intermédiaire vont très bien ensemble. ils forment une harmonie, et signifie le passage d'un être à l'autre. Il y a vaste avant de l'atteindre. Mon ange, c'est le nom que me donnait mon compagnon, Daniel. Moi qui lui est servi d'intermédiaire entre la vie et la mort. Une fois qu'on lui a pris la vie, il n'y a plus personne pour m'appeler Mon ange. Je confère ainsi à ce mot une véritable dimension terrestre. Sempiternellement innocence. Car il faut être innocent pour recevoir l'âme de son compagnon ; et en porter mémoire. Jusqu'à ce que tout s'arrête. Pour le reste de mon existence, je demeure à jamais son ange. On ne défait pas les mots de leur socle dès lors qu'ils sont ancrés dans le temps. Je lui ai passé la main dans ses cheveux, au jour de sa mort. Et c'est lui qui est devenu à ce moment précis Mon ange. Et moi le gardien de ce que nous avons vécu. Je suis dorénavant l'intermédiaire. Non pas entre dieu et l'homme mais entre l'homme que je suis et entre l'ange que tu n'es plus... 

  • Pourquoi j'écris ? (selon Blaise Cendrars)

    Le 14/09/2009 à 15:29Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    " Parce que ", réponds laconiquement Blaise Cendrars, dans son recueil poétique intitulé Feuilles de route. Parce que. Suivi de trois points de suspension. Et c'est là que ce tient l'essentiel, le rude, la beauté de ce qui pousse irrésistiblement à écrire. Dans une lettre adressée en 1927 à Paulo Prado, Blaise Cendrars s'échine à ronger son frein et écrit : " Drôle de turbin que celui d'écrire. On n'est jamais content, parce qu'on arrive jamais à dire ce que l'on voudrait et que l'on ne met jamais ce que l'on veut dans un livre. On se contente de tourner autour et c'est ça qui mécontente et qui fatigue. Les mots sont réellement un matière bien grossière à force de richesse (...) ". L'écriture. Un travail harassant. Une tâche sans relâche. Une nécessité de s'en remettre à l'universel. Les noeuds se dénouent peut à peu à partir du moment où l'on s'en remet à la solitude. Un terrain dont je me suis irrésistiblement éloigné ; où que je ne suis pas parvenu à atteindre, en son temps, à déployer comme je l'entendais en moi. Car les mots opèrent, se frottent à soi même lorsqu'on n'écrit pas. Il vous submerge, et la douleur est grande de devoir les remettre en place, les choisir, les éliminer, les ordonner au plus juste. C'est ainsi que je ressens les choses par rapport aux lettres, aux textes, au récits à venir, en attente, berne ; encore et toujours en suspension.

  • D'un journal à l'autre...

    Le 07/09/2009 à 07:06Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    D'une page que l'on tourne, à s'en demander si ce journal a un sens, sans toutefois ne jamais tenter d'en relire le contenu. A quoi bon ? D'un journal à l'autre, cela voudrait dire que le temps est en train d'oeuvrer, de creuser un nouveau sillon, et peut-être bien que le fait de parvenir à écrire - ce que je ne m'étais plus autorisé depuis bien longtemps - représente en soi le premier signe d'un nouvel ère. Je ne suis pas pour autant libéré de mes démons. Mais je les maîtrise, je les tiens en joue, à la recherche je l'avoue d'une dimension littéraire.  

  • J'ai repris la plume, sans savoir où elle va me porter...

    Le 30/08/2009 à 15:49Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Parce que le chagrin revient parfois en vagues si fortes que moi-même je ne m'y attends pas. Je croyais résister, avec le temps, m'en tenir à ne plus être porté par la tristesse ; non, si ce n'était que de la tristesse, je ne serais pas en train d'écrire de cette façon-là. Il me manque. Terriblement. Il me manque. Je me sens vidé, à force de tenter de me reconstruire. Il y a des jours où je dépasse le pas de la porte, et je sors, j'oublie tout, je ne pense plus à rien, où sinon que ce que je suis en train de faire - et de constuire - lui aurait fait énormément plaisir. Je ne vis que pour ce plaisir qu'il aurait ressenti. Son souvenir m'aide encore à tenir. Je ne vis plus à travers moi. J'ai cessé. Pour l'instant impossible de dépasser ce seuil, là où il se trouve, seuil de mes souvenirs les plus intenses. J'ai repris la plume, donc. Pour l'instant cela ne me mène nulle part ; mais je ne m'en offusque pas. A vrai dire je ne trouve pas l'énergie. C'est ce que je cherche. Ce qui doit me pousser. Je mets encore ma confiance en les mots... et j'attends. C'est terrible de s'en tenir à ce point à l'attente...  

  • Trouver les mots...

    Le 12/08/2009 à 10:47Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Actuellement il n'y en a pas. Ou si peu. Perdu le fil. L'éclat, le brut. L'étincelle. La mort de Dan, en février dernier, n'y est pas étrangère. Je me cherche. Je ne me trouve pas. Je ne suis pourtant pas au plus mal. Simplement quelque peu hors de moi. Il faut que je souffle pour parvenir à écrire ces quelques mots. Il faut que je me martèle que la vie continue. Ce qui ne change rien. Je suis pourtant parvenu à maîtriser la douleur. Ce qui est immense. Après tous ces deuils. Mais je ne suis pas en état. Dans l'incapacité de trouver mes mots...

  • Prendre la route qui est la tienne, la mienne, la sienne, etc.

    Le 24/07/2009 à 05:33Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tu ne devrais avoir de cesse. Comment dire. Cesser de t'imaginer en chemin, à vaciller contre le vide, envies jamais menées à bout, prendre cette route qui est la tienne, bouffer racines tant que le coeur écho s'échine à battre encore. J'ai de l'affection pour celui qui tente par tous les moyens d'être véritablement au plus proche de lui-même. Je le reconnais. Où qu'il soit. Cela se voit sur son visage. Cela s'entend à travers mots qu'il épouse. J'ose prétendre que pour chacun de nous, il n'y a qu'une seule voie. Et qu'il ne faut jamais en démordre. Suivre, happer, présent, près en, poursuivre, aimer : pour suivre. J'ose. J'ose espérer qu'un jour nos chemins respectifs se croisent... 

  • Ce journal, en l'occurence...

    Le 23/07/2009 à 05:07Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ainsi va la vie. Elle passe. Et je ne suis pas certain d'être dedans. D'être comme je l'ai tant revendiqué : dans le présent ; l'instant présent. Il me semble que tout va de plus en plus vite. Je me sens happé par le flot des actualités, émotions en direct, vécu au moment même où... A ne plus parvenir à faire la différence. Ce qui est vu et entendu ne se produit pas dans notre vie. C'est en dehors mais la sphère nous happe. Ce mot encore une fois. Happer. Enfin, je divague. Pas tant que cela en définitive. Le plus génant étant que cette masse d'informations, plutôt que de nous rassembler, en vérité et individuellement nous disperse. Je me sens fatigué mais je dis qu'il y a de quoi. Age, usure, constat. Solitude, désert affectif, intellectuel. C'est un peu, beaucoup le revers de ma vie en province...

  • Reprendre ses esprits...

    Le 20/04/2009 à 21:24Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    C'est à peu près ça. Le mal est - si je puis dire - entièrement rongé. Question de lucidité. Je me demande parfois où je puise mes forces. Je m'interroge encore à ce jour sur le véritable sens de ce combat à mener. Je suis dorénavant en paix lorsque je regarde les photos de Daniel, mon compagnon qui n'est plus. Je sais que si je parviens à écrire quelque chose à ce sujet, au sujet de notre rencontre, au sujet de toute rencontre, ce ne sera pas long, lourd, morbide comme cela aurait pu l'être si j'avais entamé - durant les mois, les semaines qui précèdent - ce travail d'écriture. J'en conviens dorénavant. Il faut de l'ironie, de l'énergie, de la vie à capter avant tout, avant toute chose, de la vie, braises et chaos, et la mort n'est qu'un point de suspension dans l'air. Il faut être vivant pour se rendre compte. Pour intérioriser cette idée de mort. J'imagine une balance. La mort pèse de tout son poids et fait basculer l'infernale machine hors du temps présent. Longue plongée agonie dans une sorte de passé palpable à chaque instant ; et dont on ne peut se détacher. De l'autre côté, autre pendant de la balance, le temps présent, dans toute sa splendeur, écarlate, fourbu de fatigue à force de vivre, un élan imparable tel une main tendue vers l'horizon. On pourrait presque, je dis bien presque, de ses doigts le toucher. C'est à peu près ça que je ressens. Une envie irrésistible de prouver que je respire encore. Tenant le mal en bonne place, bien rangé dans le fond de mes poches...

  • L'écriture, actuellement en berne...

    Le 08/01/2009 à 05:14Ecriture(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    Actuellement, hormis mon journal, je n'écris plus. J'ai d'ailleurs le plus grand mal à boucler les quelques corrections finales d'un texte sur lequel je travaille depuis un peu plus de deux ans. Je ne sais pas pourquoi le fil est rompu. L'envie d'écrire est là, en moi infiniment présente. Mais je ne suis plus dans ce temps / espace de concentration. Il est vrai que je ne peux pas me contenter d'écrire en surface, c'est à dire qu'il me faut fouiller profondément en moi pour arriver à mes fins d'écriture. Il y a un rapport physique ; épuisant, je le sais, si je me mets à la tâche. Je vais tenter durant les prochaines semaines de renouer avec l'écriture ; et tendre de nouveau ce fil. Je vais le faire pour de multiples raisons. La première étant que je considère avoir achevé mon deuil. Sans ce retour à l'accalmie, il m'était impossible d'envisager de poser des mots sur le papier. Parce qu'aucun mot n'aurait pu rendre compte de mon état. La douleur ayant à un moment donné dépassé toute idée que l'on peut se faire de la douleur. J'ai arraché tout ce que j'ai pu en moi afin de pouvoir reprendre ce chemin qui est le mien. J'y suis parvenu. La seconde raison est que je ne suis pas seul. Il y a mes amis que je me dois absolument de remercier : pour leurs présences. Il y a mes amis, et bien plus. Mais tout cela est une histoire en train de s'écrire...

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