Journal de bord (en ligne) > Cinéma

  • Cinéma # 7 - Dans Paris - Christophe Honoré (2006)

    Le 13/09/2009 à 15:35CinémaCommentaires (1)Ajouter un commentaire

     

    Hommage ludique à la nouvelle vague. C'est le cas de le dire. Mais comment réussir à parler de ce film ? Il y a des scènes magnifiques, le fait que ce succède ces scènes intérieures, porté par la dépression du frère - Romain Duris -, suivi par ces scènes de courses dans Paris, tenu par Louis Garrel (insupportable car dans ce film si peu acteur). C'est extrêmement difficile de trancher. La belle gueule de Garrel ne suffit pas à combler le vide scénaristique, peut-être volontairement mis en place, mais dans ce cas il aurait fallu y mettre une dimension sensible. Ce que justement Garrel est incapable de faire. Duris y parvient quelquefois, trop rarement à mon goût sur la longueur, tandis que Guy Marchand, dans le rôle du père, s'en sort à merveille. Le fait est que j'ai résisté pour regarder ce film jusqu'au bout. Et j'en ressors plein d'ennui, de dégoût pour le résultat global, au point de le considérer comme raté. Troisième long métrage de Christophe Honoré, et le premier que je découvre. Vraiment dommage. Je ferais quand même un pas vers un autre de ces films, peut-être bien Les chansons d'amour ou bien Ma mère) dans les semaines à venir. En espérant être plus positif...

    04 / 20 

  • J'ai cru entendre...

    Le 10/09/2009 à 09:29CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Telle une chanson extraite du film de Christophe Honoré, Les chansons d'amour. Je n'ai pas vu le film, simplement écouté ce titre que j'adore, puis regardé le passage correspondant à la chanson. Très attachant. Quoiqu'il me faudra faire certainement abstraction du côté bourgeois parisien pour, me semble-t-il, apprécier non seulement ce film-là, mais également les autres films de Christophe Honoré. Sur l'une de mes étagères, de deux ses films, Dans Paris et Ma mère, attendent sagement que je m'y colle. Ce qui me donne en tous les cas l'envie d'aller vers son cinéma : le fait qu'il soit coscénariste de certains films de Gaël Morel (Le clan, Après lui). Quant à son film, Les chansons d'amour, bien que n'appréciant pas, peu, le " comédien " Louis Garrel, fils de, j'essayerai tout de même de me le procurer, et de le visionner en mettant de côté mes préjugés.

  • Cinéma # 6 - Sweet sixteen - Ken Loach (décembre 2002)

    Le 08/07/2009 à 05:28CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

     

    Martin Compston (rôle de Liam dans le film de Ken Loach)

    Liam, jeune garçon à la dérive, à la recherche de l'équilibre parfait, tente d'aider sa mère à dépasser son addiction à la dope, et faire en sorte de disposer d'un toit à sa sortie de prison. Amour absolu de l'enfant unique, esseulé, prêt à tout pour éviter que sa mère ne retombe entre les mains de son beau-père. Et sortir de cette misérable existence. Pour atteindre son but, Ken Loach ne fait aucune consession ; et nous offre du très grand cinéma ; où l'on sait, sent, pressent dès les premières minutes que ça va mal finir ; que ça ne peut que mal finir, comme si la vie ne pouvait se contenter d'être modifiable, transformable, simplement en y mettant tout son coeur. Martin Compston, acteur non professionnel tenant le rôle principal de Liam, est époustouflant de justesse ; il crève l'écran et dévaste absolument tout sur son passage. Le film repose temporellement sur les semaines qui précèdent la sortie de prison de la mère de Liam, le tout se terminant le jour de ses seize ans. Sweet sixteen. Finalement dure retour à la réalité. Cette vie de merde portée par un langage qualifié d'ordurier par la censure anglaise. Au point d'interdire le film, dans les salles, au moins de dix-huit ans. Une censure dont le but est de faire payer cher à Ken Loach son choix de filmer, montrer une population défavorisée. Ici sa caméra s'est posée à Greenok, écosse, ville industrielle, portuaire, sinistrée. Mais pas la peine d'en parler. Pas la peine d'aller plus loin. Simplement voir ; voire Comprendre. Voir ne saurait être suffisant. Quelle leçon tirons-nous de de cinéma ? Et de retenir la question que se pose Jean-Michel Fodron, journaliste au Monde, dans un article paru lors de la sortie de film : " De quel oeil regarde-t-on sur un écran l'inadmissible quotidien de millions de personnes, ici et maintenant ? "...

    Note : 17 / 20

  • Cinéma # 5 - Les témoins - André Téchiné (2007)

    Le 03/03/2009 à 13:36CinémaCommentaires (1)Ajouter un commentaire

    Se regarder Les témoins, un matin. Plongeon dans la seconde moitié des années 80, amour que l'on cherche - désespérement / à tout prix / à travers sexe - et l'apparition du sida. Violente et incompréhensible. Je ne sais que penser de ce film. Touché par Johan Luberau, dans le rôle de Manu, le jeune garçon laminé par le virus. Superbe interprétation, tout en finesse. Pour le reste. Il y a des moments où je suis vraiment dans ce film, et d'autre où je me dis, encore une fois, sans vraiment savoir de quelle manière, que cela aurait pu aller plus loin. Crever quelque chose, à priori insaisissable et pourtant évident. Mais j'en demande encore plus, alors que ce film tient évidemment la route. L'instinct de vie est présent. La situation me touche d'autant plus que dans un premier temps, l'action se déroule dans un café situé porte de Clignancourt. Un lieu que je fréquentais autour de mes vingt ans, soit en 1984, là où l'action du film débute. Cela fait trop cliché, et je ne me retrouve pas à travers l'évocation de cet endroit. Je retrouve une certaine légèreté, et cela s'arrête là. Mais j'en demande peut-être trop pour un film qui, en définitive, réussit ce tour de force : parvenir à raconter une étrange époque. Dont j'ai été le témoin. D'où très certainement mon exigence. Prêt à revoir ce film à un autre moment...

    13 / 20

  • Cinéma # 4 - Avant que j'oublie - Jacques Nolot (octobre 2007)

    Le 27/01/2009 à 14:04CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Avec L'arrière pays (1997) et La chatte à deux têtes (2002), Avant que j'oublie, est le troisième film de Jacques Nolot sur lequel il est présent en tant que réalisateur, scénariste et acteur. Réalisé en 24 jours et uniquement avec l'aide de l'avance sur recettes. Avec plus d'argent, Nolot avoue qu'il s'offrirait une mise en scène en or : " Pas de gros plans, il n'y en a aucun dans mes films. Par contre j'aurais souhaité davantage de plans séquences, de silence, de rien, mais je n'ai pas toujours eu l'argent et le temps pour les tourner ". Il n'empêche. Avant que j'oublie porte en lui la matière d'un cinéaste orfèvre. Sublimement filmé, extrêmement bien écrit et porté par un acteur exceptionnel. L'histoire est celle d'un gigolo s'étant payé son appartement avec ses passes et qui, avec l'âge, arrivant à la soixantaine, se retrouve seul, malade - touché par le sida - ne voyant plus que quelques amis, son psychiatre, tout en essayant de retrouver goût à la vie en se payant à son tour quelques jeunes. Avec ce rôle, Nolot dépasse toute idée de pudeur, s'offrant sans fard, sans compter, avec une générosité rare chez un comédien de son âge. Le film suinte l'ennui de son quotidien, souvent cerné de plans où l'on ne voit que lui, Nolot, l'acteur, en proie à la vieillesse et à ce corps ayant perdu toute sa superbe. Les croisements et échanges entres comédiens sont d'un grand éclat, et nous offre de très beau moments cinématographiques. Jusqu'à cet ultime plan, très long, véritable plongée dans le noir, dont il serait gênant de dévoiler ce qu'il nous dit, mais en tous les cas, ce plan est tout ce qu'un homme peut porter sur ses épaules, à la fois de courage, de tristesse, de démons. D'envie de vivre, encore. Et voilà. Je ressors effectivement secoué de la vision de ce film. Bouleversant.

    Note : 16 / 20  

  • Cinéma # 3 - A kiss in the snow - Frank Mosvold (1997)

    Le 09/01/2009 à 04:53CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Frank Mosvold est un réalisateur norvégien ayant à son actif une dizaine de court métrage. A kiss in the snow (Un baiser dans la neige) est le second court de ce jeune cinéaste, dont le principal sujet tourne inéluctablement autour de l'amour, et plus précisément autour de la découverte de l'homosexualité chez les adolescents. La réussite de ce second court tient au fait qu'il s'attache à faire parler les images, les regards et les gestes, transformant ainsi dans ce court une bataille de neige entre trois adolescents en baiser dans la même neige entre les deux garçons. Mélange du chaud et du froid. Tandis que la copine avec lequel l'un des deux garçons sort, regarde, impuissante et sans vraiment comprendre. Le cinéma de Moslvold est simple et se révèle pourtant d'une grande efficacité. Ce sont de petites leçons de vie montrant la difficulté d'aller vers l'autre, d'autant plus quand il (ou elle) est du même sexe. Mosvold teinte son cinéma d'une pudeur certaine, ses histoires s'arrêtant là où commence le premier geste. Soit l'essentiel. Ajouté à cela une pointe pimentée de paysages norvégiens. L'une des clés du cinéma de Mosvold.

    Note : 13,5 / 20    

  • # 2 - Ken park - Larry Clark, scénario : Harmony Korine (octobre 2003)

    Le 01/01/2009 à 13:34CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Quatrième film de Larry Clark, le premier étant Kids, sorti en 1995, et pour lequel le scénario a également été écrit par Harmony korine. Pour Ken park, dont le sujet a été pensé avant Kids, l'écriture est basée à la fois sur des fragements de carnets de Larry Clark et sur le scénario de Korine. Entre temps, en 1999, est sorti son merveilleux second film Another day in paradise, suivi de Bully deux ans plus tard. Dans Ken park, il est étonnant de constater que ce sont les personnages qui portent l'histoire du film. Ce qui n'est pas nouveau dans le cinéma du réalisateur qui nous foudroie littéralement à chacun de ses films tant il fait preuve, dans sa façon de capter ces adolescents, d'une grande humanité. On sort quelque peu lessive de cette nouvelle épreuve filmée, du fait que Clark aborde dès les premières images, le sujet brûlant du suicide, au milieu d'une piste de skater ; soit dans un endroit où tout semble visuellement rassurant. C'est pourtant la tendresse qui est recherché en permanence. La tendresse afin de sortir la tête et le corps hors ce naufrage de vies où la communication est rompu entre les adultes largués et médiocres et les adolescents en attente d'un peu plus de vivant. Ken park, côté censure, remporte la palme. Si en France le film a été interdit au moins de seize ans, il n'a trouvé aucun distributeur courageux aux Etats-Unis, et a été très vite interdit en Australie. Pays se sentant les plus Vulnérables ? Il est vrai qu'hormis le suicide, Clark aborde également dans ce film les thèmes de l'inceste, de l'intégrisme et certainement le propos crucial de ce dernier, jeté à la face d'une amérique puritaniste lorsque le personnage de Claude, magnifique et inoubliable après que le film soit terminé, se met à rêver d'une société utopique où le sexe serait totalement libre. L'histoire de Claude, comme le précise Larry Clark, est celle de l'un de ses amis. Au final il n'y a pas changé grand chose. Jugé pronographique, le film nous montre par exemple une scène de masturbation sans qu'il ne soit pourtant possible de la qualifier de pronographique. Ici, avant tout, le sexe est le langage, ce en l'absence de tout autre langage. La famille se révélant la pire des abominations.

    Note : 14 / 20  

  • # 1 - La troisième génération - Rainer Werner Fassbinder (1979)

    Le 28/12/2008 à 13:44CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    L'action se situe à Berlin durant l'hiver 1978 - 1979. Un petit groupe de jeunes bourgeois allemand entre dans le terrorisme suite à la mort d'un des leurs, abatttu par la police. Mais tout ceci est traité sous la forme de la farce. Un sous-titre présente le film comme étant " une comédie en six parties, pleine de tension, d'excitation et de logique, de cruauté et de folie, commes les contes (que l'on raconte aux enfants) pour les aider à supporter leur vie jusqu'à leur mort ". L'argumentaire du film repose sur une phrase prononcée par l'un des acteurs à un policier : " J'ai fait un rêve récemment... Le capital avait inventé le terrorisme pour contraindre l'état à mieux le protéger ", ponctuée par une émorne éclat de rire du policier. Ainsi se présente la fulgurance Fassbinder. Le film ne laisse aucune place au silence, truffé de bruits, de sons divers, ainsi la télévision que l'on ne voit pas tout le temps mais qui reste continuellement allumé, en bruit de fond, durant quasiment tout le film. L'oeil des médias qui nous observe ? C'est à la fois fascinant et éprouvant. Mais absolument pas dérangeant. A la 56ème minute du film, Franz laisse en suspend une question, tout en étant happé par cet écran de télévision : " Personne n'éteint ça " ? Et non seulement personne n'éteint cela, tandis que Franz se plante devant l'écran, mais personne également ne répond. Le mal être des uns et des autres transpirent tout du long de la pellicule de Fassbinder. Et à un moment donné du film, durant un temps relativement court, on n'entend plus le son de la télévision et l'un des acteurs se dit alors : " comme la vie est simple ". Car tout le monde ici se parle à lui-même, avant de parler aux autres, comme si ce n'était plus possible d'atteindre l'autre, le tragique étant cette farce que nous nous jouons vis-à-vis de nous même. Tout se finit dans un bain de sang réglé par le patronat complice, puis par l'enlèvement de l'un des leur lors du carnval. Visages masqués sous la forme encore de la farce. Il faut faire l'effort de regarder les films de Fassbinder. Son grand oeuvre. Plus de quarante. L'un des acteurs de cette Troisième génération, dont la mise en scène est littéralement théâtrale, joue les érudits, lit Bakounine, en souligne de nombreux passages, faisant dire à un autre des acteurs : " tu comprends ce que tu lis " ? Et sa réponse est la réponse que pourrait faire Fassbinder à propos de la réussite ou non de ces films : " au moins je fais l'effort ". Dans le fatras de cette génération succédant à celle de mai 68, tout le monde semble aveugle, sauf cet acteur faisant au moins l'effort, et étant le seul à se rendre compte de la manipulation des uns et des autres. En décembre 2009, au vue des derniers événements de Tarnac, l'invention (par l'état) de l'acte de terrorisme (à partir du moment où l'on pense la société autrement) ne fait aucun doute. Le leitmotiv de notre présent ne pourra pas être, contrairement à ce que l'on veut nous imposer, il ne faut pas penser. Fassbinder, faire l'effort. Premier but. Le second : se procurer de toute urgence le livre Comité invisible, l'insurrection qui vient publié à la Fabrique. Etre absolument de ce monde. Stop.    

    Note : 14 / 20

  • Harmony Korine : Mister Lonely - 2008 - film n°3

    Le 17/12/2008 à 06:29CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Harmony Korine est de retour après neuf ans d'absence. J'étais resté sur ma faim avec son précédent film sorti en 1999, Julien Donkey boy, sorte de prolongement étriqué mais néanmoins remarquable de son précédent film - le tout premier en tant que réalisateur, sorti en 1997 aux Etats-Unis, alors qu'il n'avait que vingt-quatre ans - Gummo, dont je n'oublierai jamais sa horde personnages marginaux traversant l'écran, pour ne pas dire : le crevant littéralement dans le cas de Bunny boy, un adolescent se promenant avec des oreilles de lapin. Deux ans d'attente pour que Gummo déboule enfin, en 1999, sur les écrans français. Je me rends compte que je suis né le même jour - le 13 mai - que Jacob Reynolds, l'acteur tenant le rôle époustouflant de Bunny boy. Et que je vais pouvoir retrouver avec un immense bonheur, dès le 17 décembre prochain, dans ce nouveau pan cinématographique de Korine. Le titre de ce nouvel ovni : Mister lonely, dans lequel Harmony Korine nous conte l'histoire de sosies vivant en communauté. Soit de nouveau en marge. Le sosie de Michael Jackson vivant à Paris sert de point de départ à cette histoire. A souligner, la présence de Denis Lavant, comédien de très haut niveau et que, tout comme Harmony Korine, je considère comme étant l'un des plus importants, en sosie de Charlot. Difficile de se faire une idée précise de ce film, que le quotidien Le monde qualifie d'histoire lamentable et, semble-t-il très éloigné de " l'esthétique chaotique et délibérément sale de Gummo et Julien donkey boy. J'avoue avoir très peur à la lecture des critiques. Mais je ne saurais être que trop méfiant, préférant me rendre compte par moi-même (avec l'espoir que le film soit projeté dans ma région). Au pire, je me remettrais encore une fois Gummo et ses marginaux dans le crâne...

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