Journal de bord (en ligne) > Message(s) perso(s)

  • Ce que l'on oublie pas...

    Le 20/09/2009 à 20:43Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Colombes. MARJA. Foyer géré par la DASS, où je suis resté un an. Alors que je sortais littéralement du gouffre. Des premiers jours, premières semaines où je ne pouvais même pas dormir dans un lit. Des nuits passées recroquevillé à même le sol. Tout cela est loin et pourtant mes errances me collent à la peau. Je ne peux rien oublier. Cela aurait pu être possible si l'on ne m'avait pas volé une partie de mon enfance ; ainsi que mon adolescence. D'une mère que je n'ai jamais appelé maman. De cette absence de tendresse. On en reste fragile. A vie. Dans l'idéal, il faut se trouver un compagnon à même de saisir, comprendre, qui l'on est. Parce que je pense que c'est le meilleur moyen de combler les manques ; Ceux qui obsèdent, comme je le confirme : à vie, et contre lesquels il faut cesser de lutter ; mais être et s'en tenir au partage. Apprendre à aimer. S'aimer soi-même, il va de soit, à travers l'autre ; aimer cet autre, pour ce qu'il est, être au plus proche de sa fragilité. L'aimer absolument pour tout ce qu'il est...

  • Des jours paisibles...

    Le 19/09/2009 à 06:18Message(s) perso(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    à me sentir enfin en paix avec moi-même. Je me suis lentement arraché de mon passé que je n'observe plus comme un temps qui me colle à la peau. Je suis parvenu à mettre de l'espace entre ce temps d'hier et ce tant de demains. Je me situe dans le présent. Bien plus que je ne pense. Je m'isole quelque peu, sans éprouver la moindre douleur. Comme si je voulais bénéficier en toute serénité de ce moment où je me retrouve enfin, sans ces douleurs violentes, déchirantes. Ces trois dernières années où j'ai vu disparaître tant de personnes que j'ai aimé. Je sais et je sens que je suis en train de passer à autre chose. En leur compagnie et en paix, non plus dans ce fameux temps de lutte où continuer, se projeter avait perdu tout son sens. Je perçois de nouveau l'horizon. Partiellement vierge, il faut bien le dire. Comme si je venais de reprendre mon souffle. Tout n'est pas fini, il me semble. En ce jour j'en suis sûr. Et c'est certainement le plus beau cadeau que je puisse me faire ; avec tout l'amour que j'ai encore à donner ; accompagné par tout celui que j'ai reçu. Sans en perdre une seule miette. Dans toutes les épreuves que j'ai traversé, je revendique et sais - depuis bien longtemps - qu'il est indispensable de cheminer en paix, sans aucune rancune, inimitié, haine ; tout en ayant la force et le courage de continuer à suivre sa propre voix. Etre à l'écoute de soi afin d'établir une forte et belle résonance avec ce monde. Evidemment les autres...   

  • Aimer. Tomber amoureux. Etre en amour. Etre.

    Le 09/09/2009 à 05:51Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Aimer / tomber en amour se construit en un temps où l'on se rend tout à coup et totalement disponible, ouvert, enfant, sans interrogation sur ce que le présent est en train de nous livrer, à nu de toutes pensées sexuelles, car aimer en ce sens (coup de foudre) et à ce point est avant tout sensuel, les yeux étant le vecteur principal de nos émotions dès lors que se produit le fameux coup de foudre. C'est la vie que l'on imagine à ce moment là. La vie en l'autre. Plus que la vie avec l'autre. Le dénominateur commun d'un coup de foudre étant la transparence. Le moment où tout devient possible ; durant lequel la recherche d'un sens à donner à notre vie s'arrête. Nous ne sommes plus qu'un être en suspension. Libéré de ce qui nous ronge. En osmose avec le temps. En amour avec soi. Car pour qu'un tel coup de foudre se produise, il faut s'aimer soi-même à ce moment-là, avec une force et une pûreté sans commune mesure. Et que tout cela se produise sans avoir à forcer les choses ; avec une sorte de Grand Naturel. Il faut être prêt à une telle rencontre, avant même le moment X. Quelque chose s'est déjà produit avant le coup de foudre, avant le tomber en amour. Nous avons enfin décidé d'être en paix avec soi-même. Sans aucune retenue. Alors, enfin, nos yeux qui s'ouvrent...  

  • En long, en vrac et autres miettes...

    Le 08/09/2009 à 05:53Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Thierry Jonquet - auteur de roman noir - est mort le 9 août. Je ne l'ai pas su. Il faut absolument que je prévienne Jeanne qui l'a très bien connu, ayant fait ses études d'ergothérapeute en même temps que lui. Le dernier Murat me titille. Certaines chansons se détachent, d'autres sont mineurs. Sylvain m'avait envoyé le CD accompagné de la question : son meilleur album ? Je réponds : non. Même si ce dernier album contient, il est vrai, quelques pépites. Antony me demande ce qui m'a pris de me jeter dans le vide, à faire de l'ulm, comme ça, nez en l'air, à vrai dire la décision s'est prise sur un coup de tête. En parlant de - fameux - coup de tête. Celui-là radicalement terrestre. Ca va mieux. Il faut dire qu'hier, je me suis ouvert le crâne, du sang en abondance c'est la moindre des choses. Comme quoi en étant au sol... et en se prenant une fenêtre de plein fouet. Bon. Disons que cela fait une belle cicatrice. Bien centrée au niveau du front. Comme je disais à Jean-Jacques : je me suis fendu la gueule ; et comme chez moi c'est cérébral. Tout un monde. L'hommage que nous rendrons à Dan Vimard au Kaléidoscope Bleu se met en place. Ce sera pour octobre ou novembre. J'aimerai que cela coïncide avec la parution du prochain numéro des Cahiers de poétique, qui lui sera consacré, et qui doit paraître en novembre. J'y ai glissé un texte. Je sais très bien à quoi je pense. Mes chers disparus me manquent. Il faut bien continuer à vivre. Prendre tout cela pour un piège ou bien se dire qu'il faut traverser la vie les yeux (le plus) grands ouverts...

  • Juste avant le décollage...

    Le 05/09/2009 à 16:54Message(s) perso(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

     

    Baptême de l'air en ULM. Se retrouver dans les airs, en prise direct avec le vent ; et faire le vide. Aucune sensation de vertige, mais plutôt quelque chose ayant à voir avec le bien être. Une façon autre de voir le monde. De faire parti de cet ensemble. De la vie, cette merveilleuse aventure. En revenant à la terre ferme, on se sent léger. Apaisé. Je ne regrette absolument pas de m'être lancé...

    par Jean-François - tags : ULM, baptême
  • Je ne souffre plus. Si peu en regard d'hier. Anéanti par le manque...

    Le 04/07/2009 à 13:40Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    J'ai rêvé de Daniel. C'est lui qui est mort et pourtant dans ce rêve, je m'entends dire que je suis parti depuis trop longtemps. Nous avons rendez-vous quelque part. Un immeuble et un lieu que j'ai déjà vu en rêve, mais que je suis incapable de situer. Je ne sais pas comment j'ai obtenu son adresse. Je ne me souviens plus combien d'étages, seulement qu'il se trouve au dernier ; je l'appelle sur son portable. Pas besoin de le porter à mon oreille ; la sonnerie est audible - il s'agit de La bamba -, il se rapproche. Nous continuons à monter ensemble sans rien nous dire. Le dernier étage ressemble à un immense palier au milieu duquel trône une table commune, et donnant sur une dizaine de portes entrouvertes. Je ne parviens à fixer aucun visage, en ce qui concerne les autres personnes présentes. Tout est calme ; à commencer par Daniel. Nous nous éloignons du cercle de la table. je le prends dans mes bras, le serre tout contre ma poitrine, je passe peut-être une heure, deux heures sans rien dire, juste à le regarder. C'est mutuel. A nous regarder. Enfin je sens que je vais devoir le laisser. Je lui avoue que je ne veux plus que nous soyons séparé. J'ajoute que je traverse dorénavant les égouts. En attendant. Enfin le rêve se brise, j'ouvre les yeux, je sens sa présence, je les referme, il est encore là. Il ne part pas. C'est moi qui rejoint le monde des vivants. Et son cortège de tristesse. Je me sens totalement impuissant ; trente deux mois aujourd'hui qu'il s'est éteint. C'est énorme. Nous nous éloignons indéfiniment l'un de l'autre, mais lorsque ce genre de rêve se produit, il faut quelques secondes pour rattraper le temps perdu...

  • Avec le temps...

    Le 15/06/2009 à 18:43Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ecrire. Quoi ? Comment ? Avec quelle véhémence ? Force ? Si, dès que je me lève, je prenais un stylo et une feuille de papier. Si. J'écrirai uniquement ces quatre mots, à même de rendre compte de la situation et de mon état : je ne sais pas. Sans aucune rature, sans autre précision. Quatre mots et rien d'autre. Je suis encore paralysé de douleur. En ouvrant mes mails aujourd'hui, j'y trouve la trace de deux amis lointains avec qui j'ai partagé de merveilleux moments de théâtre et apprenant en même temps le décès de Francis, celui de Dan, ainsi que celui de Delphine. En même temps. J'y ajoute mes amis proches : Rodéric, et Olive. J'y ajoute l'amour de ma vie. Mon Daniel. Et je me prends une nouvelle gifle. La énième. En ce laps de termps très court où j'ai perdu tant d'êtres chers. A me demander comment je tiens encore debout. Quoique je me sens relativement épuisé en ce jour...

  • Ecrire / Ne pas écrire (...)

    Le 22/05/2009 à 09:09Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    La question me tourmente. Un sentiment de fracture. Ecrire. J'avoue perdre corps et âme. Ne pas écrire. Telle est actuellement la situation. La vie qui s'étiole. Les mots se sont perdus avec le goût de vivre. Manque ces moments d'intimité. Manque ces (si) longues conversations, à refaire le monde. A agir en soi. Manque cet échange. Manque infiniment d'amour. Manque de tendresse. A perte de vue le manque...    

  • Le vide, après tout...

    Le 05/05/2009 à 14:19Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Rien n'y fait. Le sentiment de vide que je ressens est absolu. Je suis rongé par le manque. Une éclaircie de quelques semaines me donnant l'impression que j'ai repris ma vie là où je l'avais laissé. Et puis non. Au point même où écrire me désespère. Le fil est cassé. Je m'en tiens à regarder les photos de mon compagnon. A lui parler. Au-delà de ma peine, si je relève un instant la tête, sombre tandis que Murat (Jean-Louis) entonne, " Reviens beauté entière / Au dernier baiser / Est-ce boire la mort / Que de tant aimer ? ". Ce n'est plus de la peine à vrai dire. Ni douleur. C'est bien pire. Aucun mot ne semble convenir pour expliquer ce que je ressens...

    par Jean-François - tags : vide
  • Il en est ainsi...

    Le 03/04/2009 à 14:29Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Arrivé ce mardi dans le sud de la france, en vue de me reposer, de souffler, faire le point, etc. Et mercredi matin, le téléphone. Je décroche. C'est à propos d'un ami, Francis V., vu pour la dernière fois aux obsèques de Dan. Je connais Francis depuis 1992. Nous avons été à l'université ensemble et avions pour spécialité de nous faire " intelligement " remarquer lors de certains cours... Cynique et drôle. Voilà comment je le définirais. Nous avons travaillé ensemble au sein de la compagnie de théâtre, le Kaléidoscope Bleu, d'abord sur Loft etc, puis sur La citadelle du vertige, Rien dire de plus, La paix de Lysistrata, Ella gericke, avant qu'il ne suive sa propre route. Et je n'oublie pas les séances de piscine en commun, durant de nombreuses années, moments de rires et de détente... Un dernier sms datant d'il y a quelques jours sur mon portable : salut ma poule... A bientôt mon coco... Et voilà. Ce mardi 31 mars, au soir, Francis a mis fin à ses jours. Que dire de plus ? Sinon respecter son choix, laissant les uns et les autres sans voix...

  • Il fait soleil. Et pourtant...

    Le 27/03/2009 à 05:39Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Selon les mots de Jean-Roger Caussimon, Il fait soleil, chanson magnifiquement reprise par Silvain Vanot en 2002 ; dans la plus grande indifférence... Et pourtant... J'ouvre une fenêtre sur ce monde. Il fait soleil, j'entends les rires, signe que cela ne suffira jamais. Si peu d'importance. Je me dois de faire la jonction entre ce jour et ces lendemains à venir. Au nombre de combien, je ne sais. D'ici quelques jours je serai au prise avec la mer, ce bleu méditerranée, fascination de mes vingt ans. A la fois fuite, échappée, tentative de poser mon regard sur l'horizon. Littéralement bouleversé, à cet âge. Ainsi pour dire qu'il n'y a pas eu que la rue. Il y a eu un souffle, et vagues, une onde. Les rives du loup. D'ici quelques jours je tenterai de méditer sur quelques décisions à prendre...

  • Quelques signes en provenance de...

    Le 21/03/2009 à 05:18Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ne rien dire. La vie continue. Je suis au regret de constater que ce sont toujours les mêmes mots, maux que l'on utilise. Et c'est tout. Rester là à écouter un peu de musique. Le dernier Murat, Tristan. Epuré et doux. Le premier album de Jean-François Coen, celui de La tour de pise. Tout le monde s'en fiche. A terminer le livre d'Arto Paasilinna Petits suicides entre amis. Je ne suis pas comblé. Mis la dernière main aux corrections de ce manuscrit que je traîne tant de temps. Et pas envie de me chercher un éditeur. Quatrième mois sans cigarette. Et je ne parle pas du reste. Le nombre de jours écoulés sans mon compagnon. Un aller retour Paris / Bagnoles de l'Orne / Madré en cette fin de semaine. Le plaisir d'approcher les chevaux. La prochaine fois c'est promis, une escapade sur la route. Je ne suis pas triste. Ce serait tellement mieux. Je suis dévasté. Au point de ne pas demander si untel va bien ; ou ne va pas. Donner de mes nouvelles me fatigue. C'est terrible, la façon dont nous vivons. Voilà ce que je pense. A passer à côté de l'essentiel. De soi. De cette vie-là, en définitive, rien à en tirer...

  • Continuer à tenir ce journal...

    Le 12/03/2009 à 00:02Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    ... et passe les jours à vaquer à des occupations pour lesquels j'ai le plus grand mal à me consacrer. J'ai longtemps été en position vertigineuse de vivre. Je ne le suis plus. Ceux que j'ai perdu sont irremplaçables, et pourtant il va bien me falloir trouver en chemin des êtres dotés de ce don... c'est une question de sensiblité... difficile à expliquer... quelque chose se situant à la fois dans le coeur et dans les yeux... et dans les mains. Un geste en dit parfois plus long qu'une phrase, une page, un livre. Un geste exprime parfois la vie dans tout ce qu'elle peut avoir d'insaisissable. Il suffit d'un instant pour bouleverser le cours de toute une vie. Il suffit d'une rencontre. Je me laisse aller à y croire, encore. A cette respiration. Ce chemin que l'on creuse. Cette urgence de souffle. Il faut dire tout ce que l'on a sur le coeur. Ne rien retenir et briser les liens. Laisser l'émotion envahir. Insister. c'est si beau ; et terrible : il faut absolument tenter le tout pour le tout...

  • Alors quoi ?

    Le 09/03/2009 à 17:00Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ne pas se sentir en vie, mais à côté. Plus le temps passe et plus je m'en fiche. J'ai besoin de prendre un peu - beaucoup - de recul. Calmer ma douleur. Et non point ma rage. Il n'y a pas de solution miracle. Alors quoi ?   

  • Je voudrais me remettre à écrire...

    Le 04/03/2009 à 21:25Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    A l'instinct. Apre. Brut. Cesser enfin de me disperser. Ou bien me disperser pour de bon. A m'en foutre littéralement de mon style. Que cela soit un choc. Et rien d'autre. Une urgence. Quelque chose que l'on étale. Vomi, craché au fur et à mesure que le temps s'écoule. Ce n'est pas l'envie qui me manque. Je suis là à attendre le déclic. Et puis cela nécessite d'y mettre vraiment mes tripes. Je sais de quoi je parle. Je ne sais pas où cela me mène. Peu importe. Je pense détenir un certain sens de la vie. Une vision chaotique. Poétique, utopique. Nécessaire. D'où l'importance de ce que j'y mets, au quotidien, à pleine mains, dans ce qui me tient lieu de corps, de voix, de vie. Si peu parfois d'évidence. Je tiens bon. Dans l'espoir que... Je prefère me taire. Tout est dit. Me remettre à écrire : à écrire. Et non pas essayer.

  • Le silence, tandis que...

    Le 28/02/2009 à 04:40Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le temps passe. Très vite. Un jour ici, l'autre pas. La tristesse, hier, parce que l'anniversaire de mon compagnon. A devoir lui souhaiter au cimetière. Le ras le bol de tenir ce journal en y entrevoyant des visages et visages de gens que j'aime et auxquels je ne peux plus m'adresser. Sinon à sens unique. A parler seul. L'impression que mon appartement se transforme peu à peu en musée. Photos, objets, etc. Alors on se bat toute une vie pour en arriver là. Un jour tout s'arrête. Sujet tabou. Ma plus grande peur étant de mourir seul. Ce jour-là j'aurai besoin de quelqu'un qui me tienne la main. Je ne sais pas pourquoi je dis cela. Peur que mon compagnon a eu et qu'il m'a transmis. Je me souviens de ses yeux. Son regard à un point tel en le mien. C'était lui qui était en train de mourir et c'était lui qui avait peur de me quitter. De m'abandonner. Se doutant que pour moi cela serait terrible. Et voilà donc à quoi sert ce journal. A parler encore et encore de lui. Daniel. Ou bien encore de Dan. Tout récemment. Echo du même prénom. Comment ne pas y penser ? Oui, j'ai parfois envie de lâcher prise. Car au bout du compte, tout cela et tant de douleurs, pour si peu de choses. Un vécu qu'on se laisse prendre. En y laissant sa peau pour un boulot et un travailler plus ne signifiant rien d'autre que : travailler plus afin de moins penser. Car il y a de quoi être en révolte et se montrer indigné à longueur de temps. En ce qui me concerne, je suis encore en état de révolte. Je vis dans une ville où je n'ai trouvé personne avec qui partager mon état d'esprit, mon regard critique, mes élans créatifs, théâtre et écriture. J'attends le déclic. J'y crois de moins en moins. Je suis fatigué. Terriblement fatigué. Surtout ne pas me parler de déprime. Juste de la lucidité. Dan a été un tel pont dans tout ce que j'ai pu entreprendre d'artistique, que j'ai aujorud'hui l'impression de me retrouver face à un désert que je ne suis pas sûr de pouvoir traverser. Car je me rends compte aujourd'hui qu'il me faut d'immenses marques d'amours, pour créer. La tendresse de Dan me manque. Ce n'est pourtant que le début. Celle de Daniel, mon compagnon, me manque à un point tel... Je suis actuellement amputé de la moitié de mon existence. Et je n'arrive pas à raisonner l'autre moitié de ma vie, à ce jour....

  • La longue liste de...

    Le 18/02/2009 à 20:04Message(s) perso(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    J'ai 44 ans. Depuis janvier 2006, j'ai perdu mon ami Olive, chanteur de son état, de Lili Drop pour commencer. Une perte immense. Puis en juillet 2006, ce fut le tour de Delphine. Notre danseuse. Forte tête. Dix ans de complicité / amitié. En novembre 2006, ce fut Daniel, mon compagnon, homme de ma vie, parti à 29 ans, en ayant si peur de me perdre. Du jour de notre rencontre au jour de sa disparition, notre coup de foudre n'a jamais cessé. C'est dire la perte, la douleur inimaginable, qui plus est succédant à des chagrins que lui seul m'a permis d'estomper. Je ne compte pas les mois à pleurer. En décembre 2008, Rodéric s'est éteint. 37 ans. Mais nous attendions tous ce moment. Rodéric, ami de longue date, ayant été sauvé en 1999, après de multiples oedèmes l'ayant à tout jamais transformé en légume. Incapable de nous reconnaitre. Enfin, en ce mois de février 2009, avec le départ de Dan, je suis de nouveau confronter à la perte. Et j'avoue que je ne m'y fais pas. Avec mes parents, disparus tous deux il y a quatre et cinq ans, je trouve indéniablement que la liste est longue. Tout en ayant le plus grand mal à quitter ma peine, je me dis qu'il faut reconstruire, s'atteler à de nouvelles amitiés, investis de cet espoir fou qu'il est vraiment possible de partager et vivre des choses ensemble. Je commence à peine à me dire que je peux à nouveau aimer. Me comporter comme tel. Je commence à peine à " envisager " de mettre le mot fin sur le deuil de mon compagnon, que déjà un autre deuil vient entailler mon quotidien. Demain, Paris, 19 février, cimetière de Montparnasse, dépôt de l'urne de Dan. Puis le vendredi 27, cimetière de Vierzon, ma concession, celle de Daniel, jour de ton anniversaire - né en février, tout comme Dan - et seconde année que j'y ai déposé tes cendres. D. ne sachant que dire se demande comment je fais pour tenir le coup. J'avoue ne pas savoir. Ne plus savoir comment vivre. Tout s'étiole. Continuer à  vivre ? Le pire, peut-être. Suis-je en train d'en perdre le goût ?

  • Une dernière cérémonie, à l'image de Dan...

    Le 14/02/2009 à 05:55Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Présent sans être véritablement présent. Sonné. Inondé de chagrin. Une centaine de proches réunis afin de célébrer la mémoire de Dan. Acheté une rose rouge perdue en chemin. Le maître de cérémonie afin de lui préciser les musiques (Quintet de Shubert, un morceau écrit par Aldridge et chanté par Kenny pour la pièce - première à laquelle j'ai participé - de Dan Ce chantier de nos mémoires, puis au moment de la mise à la flamme, après moult hésitation, un titre décalé de Morice Benin, On avance à reculons) ainsi que l'organisation quant aux lectures des textes de Dan que nous avons porté de nos voix, selon papiers tendrement déposés sur ton cercueil ; et qui finiront dans les flammes. Philippe a composé le plus bel hommage que l'on puisse faire à Dan. Rappelant au passage combien il se fichait de la notoriété et de ce travail accompli sans les aspecte pécuniers, etc. Offrande. Mes yeux se sont inévitablement posés sur l'un présent dans la salle, ayant choisi le gain au détriment de toute l'amité qui le liait à Dan. Du coup en se croisant rien à se dire. Pas même de nouvelles à prendre. La cérémonie terminée, je me suis éclipsé, le souffle coupé, sans rien dire ou presque, anéanti incapable de regarder le monde à travers les yeux des autres encore présents... où partis sans même m'en apercevoir. Je me suis légèrement écarté, deux minutes, trois minutes, je ne saurais dire, puis plus rien. C'est trop bête. De ma part, de leur part, impression de n'avoir dit au revoir à personne.

  • Le grand vide. Un chagrin n'est jamais identique à un autre...

    Le 11/02/2009 à 20:31Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Celui-ci est plus grave, profond, moins en surface de douleurs. Cependant un véritable ravage, à l'intérieur. Vendredi approche, jour de la cérémonie, Père Lachaise, là où nous avons accompagné Delphine, amie danseuse de notre compagnie. Demain à Paris. Comme je me sens seul. Je ne le suis pas. Juste les fonctions vitales qui semblent touchées. Le coeur. Déjà de notre vivant, nous nous sommes tellement dit combien nous nous aimions, selon tendresse débordante de Dan envers ces compagnons de théâtre. Déjà de notre vivant le manque de ne pas se voir assez. Prends soin de toi, etc. Tous les courriels en témoignent. Celui-ci , au hasard, à propos de l'une de nos visites  :  " Je vous ferais un lapin, j'espère que tous n'êtes pas contre les chats ? Avec une purée de pdt. Voilà. Nous pourrons ainsi débattre de choses si importantes qu'elles sauront nous clouer le bec, et choses à nos mesures qui ne nous désespérerons pas moins. Du plaisir de vous retrouver. Le temps passe savez-vous et dans ce vent nous finirons par nous perdre. Il est dit que c'est la vie. Je ne peux pas autrement vous aimer. Dan ".

  • Ce chantier de nos mémoires...

    Le 07/02/2009 à 15:32Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Puisque désormais tout ne sera plus que mémoire, selon le titre, en 1992, de cette première pièce, pierre, épreuve de la scène déjà urgence d'un bel et inexorable engagement. Mon Dan, transmetteur de pas, en scène metteur selon éblouissement de mots, regards, de silences. La circulation d'entre les êtres. Car seul rien n'est possible sur un plateau. Le mouvement est là, telle danse et c'est d'ailleurs cela qui nous rapprochait de cet autre art, cette idée folle de mouvement. Evidemment celui de Delphine, danseuse de notre compagnie ayant rejoint les étoiles en l'an 2006. En songeant à toutes ces pièces que nous avons réussi à créer, à nos lectures que nous envisagions comme de véritables spectacles, à cette capacité que nous avions acquis de nous comprendre, à travers cette exigence de travail, celle que tu nous as transmis. EXIGENCE. Imprégnée dans le kaléidoscope de nos mots, nos pas, nos gestes, silences, regards. Tout est dit, mon Dan. Sauf que. sauf. Je me souviens du clown triste, et de ton interprétation. Sauf que tu as quitté le fil ce matin même, à 6H30. Silence long. Long. Très long. Interminablement long avant le cut final, fin de la pièce. Ce moment où l'on est censé sortir du noir dans lequel on est plongé tout juste avant le premier applaudissement... Sortir du noir... silence... personne ?

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