Journal de bord (en ligne) > Musique(s)

  • A quoi ça sert une maison de disques ?

    Le 21/09/2009 à 21:40Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    On va faire simple. En prenant un exemple. Jean-Louis Murat, à l'occasion de la sortie de son nouvel album, à la question : quels sont vos rapports avec votre maison de disques, répond : quasi aucun. Qui a payé l'enregistrement de l'album à Nashville ? Lui. Il s'est également occupé de la production, de la pochette, du DVD accompagnant l'album, qu'ils ont écouté une fois et baste, précise l'interessé. Seul rôle de sa maison de disques : distribuer l'album. En même temps Murat, qui met pas mal de chansons en écoute gratuite sur son site, explique très clairement qu'internet représente une sorte de grand vide, et qu'il n'a aucun retour sur ces chansons pourtant écoutées des milliers de fois. Comme si les internautes n'avaient aucune opinion, aucun avis artistique, sensible à transmettre. Bon. Pour en revenir à la distribution du disques, je vais dans un magasin de ma ville, rayon CD, je cherche, je ne vois rien, me dirige vers le point infos, obtenant alors une bien jolie réponse : ah ben oui, on en a reçu qu'un. C'est bizarre, on en avait pourtant commandé plus. Le jour de sa sortie, qui plus est. Ainsi je repars les mains vides ; le vendeur ne comprend rien à rien... Moi non plus.

  • Le cours ordinaire des choses

    Le 03/09/2009 à 19:09Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tel est le titre du nouvel album de Jean-Louis Murat. Sortie le 21 septembre. Reçu par la poste, en avant première, via un ami, D. A l'écoute, comme souvent avec un album de Murat, je dois dire que je n'en sors pas. Celui-ci coule de source. Une évidence. Dès la seconde écoute, les chansons ont déjà creusé leurs sillons dans ma tête. Une pépite. Un son merveilleux, sobre, sentant bon le travail d'artisan déployé par Jean-Louis Murat. Pas le temps de sortir de Tristan, le précédent album, sorti en avril 2008. Ce nouvel opus est un très grand cru. Je ferai donc parti des acquéreurs du 21 septembre, date où je rangerai ma copie dans un coin ; ne serait-ce que pour soutenir le travail de cet artiste. Et parce que chaque disque est pour moi - tant que cela sera encore possible - un objet, une oeuvre à part entière. J'ai bien du mal à écouter une chanson sans me référer à sa pochette, ses couleurs, son ambiance, son contenant. Ensemble censé véhiculer une histoire. Une image. Tel au temps des 45 tours, où je pouvais craquer pour une pochette sans pour autant connaître le disque. Que Murat continue à semer ses cailloux. Son trouble. Prolifique, et c'est tant mieux. A écouter de toute urgence. Je ne peux pas dire mieux...

  • Le monde intérieur - Jean-louis Murat - 2001

    Le 22/07/2009 à 12:10Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le monde. L'âme. Selon Jean-Louis Murat, dans une entrevue accordée à Chronicart, en 2001, à propos de la chanson Le monde intérieur tirée de son album Le moujik et sa femme : " Je n'ai jamais fait de philosophie, je n'y connais rien, mais ma copine a une espèce de bibliothèque de philo, et je me suis plongé là dedans l'année dernière, et notamment dans Nietzsche que j'ai beaucoup lu. Je suis assez d'accord sur son idée que l'âme est une invention, et que ce qui empêche d'être heureux, c'est de penser qu'on a une âme. Nietzsche dit que l'âme est une invention de Platon si je me souviens bien, et une fois que l'âme a été inventée, la religion chrétienne est arrivée là-dessus, et les gens se sont mis à avoir souci de leur âme. Personnellement, j'ai fait beaucoup de chanson où je parlais de "mon âme", où j'avais souci de mon âme. En lisant Nietzsche, je me suis rendu compte que j'avais tout faux. L'âme n'existe pas. C'est un concept romantico-chrétien qui nous entrave, qui nous empêche d'être heureux. Parce que du coup, on n'est jamais dans le présent. On est soit dans la remémoration du passé, soit dans une projection du futur, en train de remplir cette saloperie d'âme que personne n'a jamais vu, dont personne ne sait ce que c'est. Et tu te retrouves à aller à l'église pour sauver ton âme… Bref, l'âme, c'est un piège. Et la chanson parle de ça : de "quitter l'âme", oublier l'âme et cette idée qu'elle va rester après soi et qu'il faut avoir souci de son âme… Qu'elle soit vraie ou pas, cette idée d'âme nous entrave tous, nous arrache au présent et nous lie à des préoccupations métaphysiques qui sont lourdes, qui sont pesantes… Très vite, tu as l'impression que ton âme est en plomb, et qu'elle t'empêche de vivre l'instant présent. Moi qui ai tellement utilisé ce terme dans mes chansons, je ne supporte plus cette idée, j'ai l'impression d'avoir raconté des bêtises… "

  • Olive, Lovliv, Lili Olimao, Lili Drop : soit Olivier Caudron...

    Le 17/01/2009 à 05:37Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Olive. Troisième anniversaire de ta disparition. Parti faire un tour au firmament, lâché parmi les étoiles. Olive, mon ami. Lili Drop ne décolle pas de ma platine. La première affiche du groupe trône magistralement au dessus de mon bureau. J'ai toujours la petite guitare briquet offerte le jour de notre rencontre. Un coup de foudre, je le sais. Tu avais le sens de l'amitié. Je suis tellement heureux non seulement de t'avoir connu, mais d'avoir fait parti de ce petit cercle d'ami(e)s présent jusqu'au bout. J'ai pris mon temps, mais cette fois-ci je suis sur la dernière ligne droite en ce qui concerne les corrections du manuscrit te concernant et sur lequel je travaille depuis plus de deux ans. Au compte-goutte durant ces derniers mois, il est vrai. Mais rien ne presse. Je me souviens de ces derniers jours de vacances quelques semaines avant ton hospitalisation, partagés au Kremlin, aux portes de Paris, dans une maison prêtée par des amis ; tout simplement le bonheur.

  • Frôler des pylônes, des canyons, et frôler l'éphémère...

    Le 07/01/2009 à 05:17Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Il est des heures dérisoires, cinq heures du mat, où m'en vient de laisser le son, la voix, corps amaigri de Bashung suivre le courant, et prendre à outrance le dessus. Bashung, à l'aune de son dernier album Bleu pétrole, est devenu, en 2008, un faiseur de rêves, briseur de gestes, traçant son cancer tout le long d'une route s'annonçant, sauf miracle à l'appui, comme la dernière. Il faut y croire, encore. Croire encore à cette capacité de poser une mélodie, tel un ultime album que celui-ci voudrait absolument enregistrer. La mise en scène, sublime, de sa propre mort est le signe de cette tournée qui n'en finit pas. Bleu pétrole, réunissant enfin deux figures essentielles de la chanson française, soit Bashung + Manset, reste un objet dont il faut se saisir. A titre personnel, ce sont les albums Novice ainsi que Fantaisie militaire, à leur époque respective, 1998 et 1989, qui m'ont définitivement marqué. L'ado que j'étais, en 1980, ne se lassait pas de retourner le 45 tours Gaby oh gaby, afin de s'imprégner du jouissif : Elle s'fait rougir toute seule. La même année, le titre Rebel m'a durablement hanté. Etc. Je ne peux clore le sujet sans citer Ma petite entreprise ; chanson ouverture de l'une des pièces de théâtre de ma compagnie. Et puis, bien évidemment, Volontaire. Ce fabuleux duo Bashung / Noir désir. Déjà présent sur son album de 1982, Play Blessures, et signé Gainsbourg / Bashung. Frôler des pylônes, comme le stipule le titre de ce billet. Rendre hommage avant qu'il ne se meurt définitif. Réalité, réalité, punition exemplaire...

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