Journal de bord (en ligne)

Crédit photo : Jean-François Jacq (Bagnolet - nov. 2008)

Les photos sont accessibles en grand format, en cliquant dessus.

Retrouvez les archives de mon journal de bord (de janvier à novembre 2008) en cliquant sur le lien.


  • A quoi ça sert une maison de disques ?

    Le 21/09/2009 à 21:40Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    On va faire simple. En prenant un exemple. Jean-Louis Murat, à l'occasion de la sortie de son nouvel album, à la question : quels sont vos rapports avec votre maison de disques, répond : quasi aucun. Qui a payé l'enregistrement de l'album à Nashville ? Lui. Il s'est également occupé de la production, de la pochette, du DVD accompagnant l'album, qu'ils ont écouté une fois et baste, précise l'interessé. Seul rôle de sa maison de disques : distribuer l'album. En même temps Murat, qui met pas mal de chansons en écoute gratuite sur son site, explique très clairement qu'internet représente une sorte de grand vide, et qu'il n'a aucun retour sur ces chansons pourtant écoutées des milliers de fois. Comme si les internautes n'avaient aucune opinion, aucun avis artistique, sensible à transmettre. Bon. Pour en revenir à la distribution du disques, je vais dans un magasin de ma ville, rayon CD, je cherche, je ne vois rien, me dirige vers le point infos, obtenant alors une bien jolie réponse : ah ben oui, on en a reçu qu'un. C'est bizarre, on en avait pourtant commandé plus. Le jour de sa sortie, qui plus est. Ainsi je repars les mains vides ; le vendeur ne comprend rien à rien... Moi non plus.

  • Ce que l'on oublie pas...

    Le 20/09/2009 à 20:43Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Colombes. MARJA. Foyer géré par la DASS, où je suis resté un an. Alors que je sortais littéralement du gouffre. Des premiers jours, premières semaines où je ne pouvais même pas dormir dans un lit. Des nuits passées recroquevillé à même le sol. Tout cela est loin et pourtant mes errances me collent à la peau. Je ne peux rien oublier. Cela aurait pu être possible si l'on ne m'avait pas volé une partie de mon enfance ; ainsi que mon adolescence. D'une mère que je n'ai jamais appelé maman. De cette absence de tendresse. On en reste fragile. A vie. Dans l'idéal, il faut se trouver un compagnon à même de saisir, comprendre, qui l'on est. Parce que je pense que c'est le meilleur moyen de combler les manques ; Ceux qui obsèdent, comme je le confirme : à vie, et contre lesquels il faut cesser de lutter ; mais être et s'en tenir au partage. Apprendre à aimer. S'aimer soi-même, il va de soit, à travers l'autre ; aimer cet autre, pour ce qu'il est, être au plus proche de sa fragilité. L'aimer absolument pour tout ce qu'il est...

  • Des jours paisibles...

    Le 19/09/2009 à 06:18Message(s) perso(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    à me sentir enfin en paix avec moi-même. Je me suis lentement arraché de mon passé que je n'observe plus comme un temps qui me colle à la peau. Je suis parvenu à mettre de l'espace entre ce temps d'hier et ce tant de demains. Je me situe dans le présent. Bien plus que je ne pense. Je m'isole quelque peu, sans éprouver la moindre douleur. Comme si je voulais bénéficier en toute serénité de ce moment où je me retrouve enfin, sans ces douleurs violentes, déchirantes. Ces trois dernières années où j'ai vu disparaître tant de personnes que j'ai aimé. Je sais et je sens que je suis en train de passer à autre chose. En leur compagnie et en paix, non plus dans ce fameux temps de lutte où continuer, se projeter avait perdu tout son sens. Je perçois de nouveau l'horizon. Partiellement vierge, il faut bien le dire. Comme si je venais de reprendre mon souffle. Tout n'est pas fini, il me semble. En ce jour j'en suis sûr. Et c'est certainement le plus beau cadeau que je puisse me faire ; avec tout l'amour que j'ai encore à donner ; accompagné par tout celui que j'ai reçu. Sans en perdre une seule miette. Dans toutes les épreuves que j'ai traversé, je revendique et sais - depuis bien longtemps - qu'il est indispensable de cheminer en paix, sans aucune rancune, inimitié, haine ; tout en ayant la force et le courage de continuer à suivre sa propre voix. Etre à l'écoute de soi afin d'établir une forte et belle résonance avec ce monde. Evidemment les autres...   

  • Définition de la littérature (selon Tzevan Todorov)

    Le 17/09/2009 à 10:49Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tirée de son essai " La notion de littérature ". Pour Tzevan Todorov, la littérature s'appuie sur deux propriétés distinctes. Elle est une imitation par le langage. Mais pas n'importe quelle imiation car on n'imite pas nécessairement le réel mais aussi bien des êtres et des actions qui n'ont pas existé, donnant ainsi à la littérature sa seconde propriété, à savoir la fiction. C'est dans la perspective de cette première définition, stipulant que l'imitation doit être artistique, que se dévoile la seconde grande propriété de la littérature ; à savoir : Le beau ; ou plaire l'emporte alors sur instruire. Mais dès que nous plongeons dans cette définition, on se rend très vite compte que nous restons dans l'à-peu-près. Toutefois c'est un premier pas; éminemment nécessaire dès lors que l'on se sent porté, épris par les mots. Un premier pas - et jet - permettant de creuser ; d'aller au plus profond. Tout en ne perdant pas de vue que la répétition est inévitable. Ecrire consiste alors à se surpasser...   

  • A. comme : Ange

    Le 15/09/2009 à 01:02Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le premier mot de mon abécédaire. Gilles Deleuze, pour le sien, avait opté pour : animal. On est pas si loin du compte. Ange est un mot doux, à mon sens. Dans le dictionnaire il est précisé qu'il s'agit d'un " être spirituel, intermédiaire entre dieu et l'homme ". Encore faut-il croire en dieu. Quoiqu'il en soit ange et intermédiaire vont très bien ensemble. ils forment une harmonie, et signifie le passage d'un être à l'autre. Il y a vaste avant de l'atteindre. Mon ange, c'est le nom que me donnait mon compagnon, Daniel. Moi qui lui est servi d'intermédiaire entre la vie et la mort. Une fois qu'on lui a pris la vie, il n'y a plus personne pour m'appeler Mon ange. Je confère ainsi à ce mot une véritable dimension terrestre. Sempiternellement innocence. Car il faut être innocent pour recevoir l'âme de son compagnon ; et en porter mémoire. Jusqu'à ce que tout s'arrête. Pour le reste de mon existence, je demeure à jamais son ange. On ne défait pas les mots de leur socle dès lors qu'ils sont ancrés dans le temps. Je lui ai passé la main dans ses cheveux, au jour de sa mort. Et c'est lui qui est devenu à ce moment précis Mon ange. Et moi le gardien de ce que nous avons vécu. Je suis dorénavant l'intermédiaire. Non pas entre dieu et l'homme mais entre l'homme que je suis et entre l'ange que tu n'es plus... 

  • Pourquoi j'écris ? (selon Blaise Cendrars)

    Le 14/09/2009 à 15:29Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    " Parce que ", réponds laconiquement Blaise Cendrars, dans son recueil poétique intitulé Feuilles de route. Parce que. Suivi de trois points de suspension. Et c'est là que ce tient l'essentiel, le rude, la beauté de ce qui pousse irrésistiblement à écrire. Dans une lettre adressée en 1927 à Paulo Prado, Blaise Cendrars s'échine à ronger son frein et écrit : " Drôle de turbin que celui d'écrire. On n'est jamais content, parce qu'on arrive jamais à dire ce que l'on voudrait et que l'on ne met jamais ce que l'on veut dans un livre. On se contente de tourner autour et c'est ça qui mécontente et qui fatigue. Les mots sont réellement un matière bien grossière à force de richesse (...) ". L'écriture. Un travail harassant. Une tâche sans relâche. Une nécessité de s'en remettre à l'universel. Les noeuds se dénouent peut à peu à partir du moment où l'on s'en remet à la solitude. Un terrain dont je me suis irrésistiblement éloigné ; où que je ne suis pas parvenu à atteindre, en son temps, à déployer comme je l'entendais en moi. Car les mots opèrent, se frottent à soi même lorsqu'on n'écrit pas. Il vous submerge, et la douleur est grande de devoir les remettre en place, les choisir, les éliminer, les ordonner au plus juste. C'est ainsi que je ressens les choses par rapport aux lettres, aux textes, au récits à venir, en attente, berne ; encore et toujours en suspension.

  • Cinéma # 7 - Dans Paris - Christophe Honoré (2006)

    Le 13/09/2009 à 15:35CinémaCommentaires (1)Ajouter un commentaire

     

    Hommage ludique à la nouvelle vague. C'est le cas de le dire. Mais comment réussir à parler de ce film ? Il y a des scènes magnifiques, le fait que ce succède ces scènes intérieures, porté par la dépression du frère - Romain Duris -, suivi par ces scènes de courses dans Paris, tenu par Louis Garrel (insupportable car dans ce film si peu acteur). C'est extrêmement difficile de trancher. La belle gueule de Garrel ne suffit pas à combler le vide scénaristique, peut-être volontairement mis en place, mais dans ce cas il aurait fallu y mettre une dimension sensible. Ce que justement Garrel est incapable de faire. Duris y parvient quelquefois, trop rarement à mon goût sur la longueur, tandis que Guy Marchand, dans le rôle du père, s'en sort à merveille. Le fait est que j'ai résisté pour regarder ce film jusqu'au bout. Et j'en ressors plein d'ennui, de dégoût pour le résultat global, au point de le considérer comme raté. Troisième long métrage de Christophe Honoré, et le premier que je découvre. Vraiment dommage. Je ferais quand même un pas vers un autre de ces films, peut-être bien Les chansons d'amour ou bien Ma mère) dans les semaines à venir. En espérant être plus positif...

    04 / 20 

  • J'ai cru entendre...

    Le 10/09/2009 à 09:29CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Telle une chanson extraite du film de Christophe Honoré, Les chansons d'amour. Je n'ai pas vu le film, simplement écouté ce titre que j'adore, puis regardé le passage correspondant à la chanson. Très attachant. Quoiqu'il me faudra faire certainement abstraction du côté bourgeois parisien pour, me semble-t-il, apprécier non seulement ce film-là, mais également les autres films de Christophe Honoré. Sur l'une de mes étagères, de deux ses films, Dans Paris et Ma mère, attendent sagement que je m'y colle. Ce qui me donne en tous les cas l'envie d'aller vers son cinéma : le fait qu'il soit coscénariste de certains films de Gaël Morel (Le clan, Après lui). Quant à son film, Les chansons d'amour, bien que n'appréciant pas, peu, le " comédien " Louis Garrel, fils de, j'essayerai tout de même de me le procurer, et de le visionner en mettant de côté mes préjugés.

  • Aimer. Tomber amoureux. Etre en amour. Etre.

    Le 09/09/2009 à 05:51Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Aimer / tomber en amour se construit en un temps où l'on se rend tout à coup et totalement disponible, ouvert, enfant, sans interrogation sur ce que le présent est en train de nous livrer, à nu de toutes pensées sexuelles, car aimer en ce sens (coup de foudre) et à ce point est avant tout sensuel, les yeux étant le vecteur principal de nos émotions dès lors que se produit le fameux coup de foudre. C'est la vie que l'on imagine à ce moment là. La vie en l'autre. Plus que la vie avec l'autre. Le dénominateur commun d'un coup de foudre étant la transparence. Le moment où tout devient possible ; durant lequel la recherche d'un sens à donner à notre vie s'arrête. Nous ne sommes plus qu'un être en suspension. Libéré de ce qui nous ronge. En osmose avec le temps. En amour avec soi. Car pour qu'un tel coup de foudre se produise, il faut s'aimer soi-même à ce moment-là, avec une force et une pûreté sans commune mesure. Et que tout cela se produise sans avoir à forcer les choses ; avec une sorte de Grand Naturel. Il faut être prêt à une telle rencontre, avant même le moment X. Quelque chose s'est déjà produit avant le coup de foudre, avant le tomber en amour. Nous avons enfin décidé d'être en paix avec soi-même. Sans aucune retenue. Alors, enfin, nos yeux qui s'ouvrent...  

  • En long, en vrac et autres miettes...

    Le 08/09/2009 à 05:53Message(s) perso(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Thierry Jonquet - auteur de roman noir - est mort le 9 août. Je ne l'ai pas su. Il faut absolument que je prévienne Jeanne qui l'a très bien connu, ayant fait ses études d'ergothérapeute en même temps que lui. Le dernier Murat me titille. Certaines chansons se détachent, d'autres sont mineurs. Sylvain m'avait envoyé le CD accompagné de la question : son meilleur album ? Je réponds : non. Même si ce dernier album contient, il est vrai, quelques pépites. Antony me demande ce qui m'a pris de me jeter dans le vide, à faire de l'ulm, comme ça, nez en l'air, à vrai dire la décision s'est prise sur un coup de tête. En parlant de - fameux - coup de tête. Celui-là radicalement terrestre. Ca va mieux. Il faut dire qu'hier, je me suis ouvert le crâne, du sang en abondance c'est la moindre des choses. Comme quoi en étant au sol... et en se prenant une fenêtre de plein fouet. Bon. Disons que cela fait une belle cicatrice. Bien centrée au niveau du front. Comme je disais à Jean-Jacques : je me suis fendu la gueule ; et comme chez moi c'est cérébral. Tout un monde. L'hommage que nous rendrons à Dan Vimard au Kaléidoscope Bleu se met en place. Ce sera pour octobre ou novembre. J'aimerai que cela coïncide avec la parution du prochain numéro des Cahiers de poétique, qui lui sera consacré, et qui doit paraître en novembre. J'y ai glissé un texte. Je sais très bien à quoi je pense. Mes chers disparus me manquent. Il faut bien continuer à vivre. Prendre tout cela pour un piège ou bien se dire qu'il faut traverser la vie les yeux (le plus) grands ouverts...

  • D'un journal à l'autre...

    Le 07/09/2009 à 07:06Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    D'une page que l'on tourne, à s'en demander si ce journal a un sens, sans toutefois ne jamais tenter d'en relire le contenu. A quoi bon ? D'un journal à l'autre, cela voudrait dire que le temps est en train d'oeuvrer, de creuser un nouveau sillon, et peut-être bien que le fait de parvenir à écrire - ce que je ne m'étais plus autorisé depuis bien longtemps - représente en soi le premier signe d'un nouvel ère. Je ne suis pas pour autant libéré de mes démons. Mais je les maîtrise, je les tiens en joue, à la recherche je l'avoue d'une dimension littéraire.  

  • Juste avant le décollage...

    Le 05/09/2009 à 16:54Message(s) perso(s)Commentaires (1)Ajouter un commentaire

     

    Baptême de l'air en ULM. Se retrouver dans les airs, en prise direct avec le vent ; et faire le vide. Aucune sensation de vertige, mais plutôt quelque chose ayant à voir avec le bien être. Une façon autre de voir le monde. De faire parti de cet ensemble. De la vie, cette merveilleuse aventure. En revenant à la terre ferme, on se sent léger. Apaisé. Je ne regrette absolument pas de m'être lancé...

    par Jean-François - tags : ULM, baptême
  • Le cours ordinaire des choses

    Le 03/09/2009 à 19:09Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tel est le titre du nouvel album de Jean-Louis Murat. Sortie le 21 septembre. Reçu par la poste, en avant première, via un ami, D. A l'écoute, comme souvent avec un album de Murat, je dois dire que je n'en sors pas. Celui-ci coule de source. Une évidence. Dès la seconde écoute, les chansons ont déjà creusé leurs sillons dans ma tête. Une pépite. Un son merveilleux, sobre, sentant bon le travail d'artisan déployé par Jean-Louis Murat. Pas le temps de sortir de Tristan, le précédent album, sorti en avril 2008. Ce nouvel opus est un très grand cru. Je ferai donc parti des acquéreurs du 21 septembre, date où je rangerai ma copie dans un coin ; ne serait-ce que pour soutenir le travail de cet artiste. Et parce que chaque disque est pour moi - tant que cela sera encore possible - un objet, une oeuvre à part entière. J'ai bien du mal à écouter une chanson sans me référer à sa pochette, ses couleurs, son ambiance, son contenant. Ensemble censé véhiculer une histoire. Une image. Tel au temps des 45 tours, où je pouvais craquer pour une pochette sans pour autant connaître le disque. Que Murat continue à semer ses cailloux. Son trouble. Prolifique, et c'est tant mieux. A écouter de toute urgence. Je ne peux pas dire mieux...

  • J'ai repris la plume, sans savoir où elle va me porter...

    Le 30/08/2009 à 15:49Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Parce que le chagrin revient parfois en vagues si fortes que moi-même je ne m'y attends pas. Je croyais résister, avec le temps, m'en tenir à ne plus être porté par la tristesse ; non, si ce n'était que de la tristesse, je ne serais pas en train d'écrire de cette façon-là. Il me manque. Terriblement. Il me manque. Je me sens vidé, à force de tenter de me reconstruire. Il y a des jours où je dépasse le pas de la porte, et je sors, j'oublie tout, je ne pense plus à rien, où sinon que ce que je suis en train de faire - et de constuire - lui aurait fait énormément plaisir. Je ne vis que pour ce plaisir qu'il aurait ressenti. Son souvenir m'aide encore à tenir. Je ne vis plus à travers moi. J'ai cessé. Pour l'instant impossible de dépasser ce seuil, là où il se trouve, seuil de mes souvenirs les plus intenses. J'ai repris la plume, donc. Pour l'instant cela ne me mène nulle part ; mais je ne m'en offusque pas. A vrai dire je ne trouve pas l'énergie. C'est ce que je cherche. Ce qui doit me pousser. Je mets encore ma confiance en les mots... et j'attends. C'est terrible de s'en tenir à ce point à l'attente...  

  • Trouver les mots...

    Le 12/08/2009 à 10:47Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Actuellement il n'y en a pas. Ou si peu. Perdu le fil. L'éclat, le brut. L'étincelle. La mort de Dan, en février dernier, n'y est pas étrangère. Je me cherche. Je ne me trouve pas. Je ne suis pourtant pas au plus mal. Simplement quelque peu hors de moi. Il faut que je souffle pour parvenir à écrire ces quelques mots. Il faut que je me martèle que la vie continue. Ce qui ne change rien. Je suis pourtant parvenu à maîtriser la douleur. Ce qui est immense. Après tous ces deuils. Mais je ne suis pas en état. Dans l'incapacité de trouver mes mots...

  • " Aucun rapport avec Jean Seberg " (Romain Gary, 2 décembre 1980)

    Le 30/07/2009 à 11:15Littérature(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ce jour-là, 2 décembre 1980, Romain Gary - unique double prix Goncourt en 1956 et une seconde fois en 1975 sous le pseudonyme d'Emile Ajar - met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. Ce suicide intervient un an après celui de son ex femme, la commédienne Jean Seberg. Le trouble est jeté, au point que Romain Gary, qui a laissé une lettre afin d'expliquer son geste, commence par ses mots : " Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du cœur brisé sont priés de s’adresser ailleurs. On peut mettre cela évidemment sur le compte d’une dépression nerveuse. Mais alors il faut admettre que celle-ci dure depuis que j’ai l’âge d’homme et m’aura permis de mener à bien mon œuvre littéraire ".

  • Prendre la route qui est la tienne, la mienne, la sienne, etc.

    Le 24/07/2009 à 05:33Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Tu ne devrais avoir de cesse. Comment dire. Cesser de t'imaginer en chemin, à vaciller contre le vide, envies jamais menées à bout, prendre cette route qui est la tienne, bouffer racines tant que le coeur écho s'échine à battre encore. J'ai de l'affection pour celui qui tente par tous les moyens d'être véritablement au plus proche de lui-même. Je le reconnais. Où qu'il soit. Cela se voit sur son visage. Cela s'entend à travers mots qu'il épouse. J'ose prétendre que pour chacun de nous, il n'y a qu'une seule voie. Et qu'il ne faut jamais en démordre. Suivre, happer, présent, près en, poursuivre, aimer : pour suivre. J'ose. J'ose espérer qu'un jour nos chemins respectifs se croisent... 

  • Ce journal, en l'occurence...

    Le 23/07/2009 à 05:07Ecriture(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Ainsi va la vie. Elle passe. Et je ne suis pas certain d'être dedans. D'être comme je l'ai tant revendiqué : dans le présent ; l'instant présent. Il me semble que tout va de plus en plus vite. Je me sens happé par le flot des actualités, émotions en direct, vécu au moment même où... A ne plus parvenir à faire la différence. Ce qui est vu et entendu ne se produit pas dans notre vie. C'est en dehors mais la sphère nous happe. Ce mot encore une fois. Happer. Enfin, je divague. Pas tant que cela en définitive. Le plus génant étant que cette masse d'informations, plutôt que de nous rassembler, en vérité et individuellement nous disperse. Je me sens fatigué mais je dis qu'il y a de quoi. Age, usure, constat. Solitude, désert affectif, intellectuel. C'est un peu, beaucoup le revers de ma vie en province...

  • Le monde intérieur - Jean-louis Murat - 2001

    Le 22/07/2009 à 12:10Musique(s)Commentaires (0)Ajouter un commentaire

    Le monde. L'âme. Selon Jean-Louis Murat, dans une entrevue accordée à Chronicart, en 2001, à propos de la chanson Le monde intérieur tirée de son album Le moujik et sa femme : " Je n'ai jamais fait de philosophie, je n'y connais rien, mais ma copine a une espèce de bibliothèque de philo, et je me suis plongé là dedans l'année dernière, et notamment dans Nietzsche que j'ai beaucoup lu. Je suis assez d'accord sur son idée que l'âme est une invention, et que ce qui empêche d'être heureux, c'est de penser qu'on a une âme. Nietzsche dit que l'âme est une invention de Platon si je me souviens bien, et une fois que l'âme a été inventée, la religion chrétienne est arrivée là-dessus, et les gens se sont mis à avoir souci de leur âme. Personnellement, j'ai fait beaucoup de chanson où je parlais de "mon âme", où j'avais souci de mon âme. En lisant Nietzsche, je me suis rendu compte que j'avais tout faux. L'âme n'existe pas. C'est un concept romantico-chrétien qui nous entrave, qui nous empêche d'être heureux. Parce que du coup, on n'est jamais dans le présent. On est soit dans la remémoration du passé, soit dans une projection du futur, en train de remplir cette saloperie d'âme que personne n'a jamais vu, dont personne ne sait ce que c'est. Et tu te retrouves à aller à l'église pour sauver ton âme… Bref, l'âme, c'est un piège. Et la chanson parle de ça : de "quitter l'âme", oublier l'âme et cette idée qu'elle va rester après soi et qu'il faut avoir souci de son âme… Qu'elle soit vraie ou pas, cette idée d'âme nous entrave tous, nous arrache au présent et nous lie à des préoccupations métaphysiques qui sont lourdes, qui sont pesantes… Très vite, tu as l'impression que ton âme est en plomb, et qu'elle t'empêche de vivre l'instant présent. Moi qui ai tellement utilisé ce terme dans mes chansons, je ne supporte plus cette idée, j'ai l'impression d'avoir raconté des bêtises… "

  • Cinéma # 6 - Sweet sixteen - Ken Loach (décembre 2002)

    Le 08/07/2009 à 05:28CinémaCommentaires (0)Ajouter un commentaire

     

    Martin Compston (rôle de Liam dans le film de Ken Loach)

    Liam, jeune garçon à la dérive, à la recherche de l'équilibre parfait, tente d'aider sa mère à dépasser son addiction à la dope, et faire en sorte de disposer d'un toit à sa sortie de prison. Amour absolu de l'enfant unique, esseulé, prêt à tout pour éviter que sa mère ne retombe entre les mains de son beau-père. Et sortir de cette misérable existence. Pour atteindre son but, Ken Loach ne fait aucune consession ; et nous offre du très grand cinéma ; où l'on sait, sent, pressent dès les premières minutes que ça va mal finir ; que ça ne peut que mal finir, comme si la vie ne pouvait se contenter d'être modifiable, transformable, simplement en y mettant tout son coeur. Martin Compston, acteur non professionnel tenant le rôle principal de Liam, est époustouflant de justesse ; il crève l'écran et dévaste absolument tout sur son passage. Le film repose temporellement sur les semaines qui précèdent la sortie de prison de la mère de Liam, le tout se terminant le jour de ses seize ans. Sweet sixteen. Finalement dure retour à la réalité. Cette vie de merde portée par un langage qualifié d'ordurier par la censure anglaise. Au point d'interdire le film, dans les salles, au moins de dix-huit ans. Une censure dont le but est de faire payer cher à Ken Loach son choix de filmer, montrer une population défavorisée. Ici sa caméra s'est posée à Greenok, écosse, ville industrielle, portuaire, sinistrée. Mais pas la peine d'en parler. Pas la peine d'aller plus loin. Simplement voir ; voire Comprendre. Voir ne saurait être suffisant. Quelle leçon tirons-nous de de cinéma ? Et de retenir la question que se pose Jean-Michel Fodron, journaliste au Monde, dans un article paru lors de la sortie de film : " De quel oeil regarde-t-on sur un écran l'inadmissible quotidien de millions de personnes, ici et maintenant ? "...

    Note : 17 / 20

S'abonner au fil d'information RSS de ce blog

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web